CFM : le fonds quantitatif collaboratif français qui n’aime pas recruter des gestionnaires de portefeuille
De nombreux hedge funds quantitatifs ont connu une expansion rapide en France ces dernières années. Qube Research, dont le siège est à Londres, est le plus grand d’entre eux, mais sa culture peut s’avérer opaque, les traders ne voyant que rarement leur propre P&L. Un autre fonds quantitatif français, dont la taille a quasiment doublé depuis 2020, affiche une culture bien plus ouverte, avec même quelques excentricités en prime.
Si l’on en croit cet article de Business Insider, Capital Fund Management est passé de 260 employés en 2020 à 450 aujourd’hui. Cela prend en compte l’expansion de son antenne de New York, où les effectifs ont progressé de 15 à 40 personnes. Selon Philippe Jordan, président du fonds, CFM possède une culture « dynamique » et « durable », ce qui se traduit par un très faible turnover. Une culture qui se veut l’antithèse de celle des hedge funds traditionnels : elle offre à ses quants de nombreuses opportunités de publier en accès libre une grande partie de leurs recherches, au lieu de les stocker comme des informations propriétaires confidentielles. Voilà qui rend CFM particulièrement efficace pour recruter dans le milieu universitaire.
À l’instar de Renaissance Technologies aux États-Unis, CFM adopte une approche résolument académique et scientifique dans son recrutement. Business Insider indique que CFM compte déjà une centaine de chercheurs, majoritairement des docteurs en physique, et cherche à recruter 15 nouveaux titulaires de doctorats chaque année. À titre d’exemple, le dernier quant titulaire de doctorat arrivé est Léonard Lehoucq, docteur en astrophysique de la Sorbonne, qui a rejoint le fonds en octobre. On pense que CFM forme ses recrues à la finance une fois qu’elles sont en poste, mais il a également recruté plusieurs diplômés du cursus (ex-DEA) El Karoui, la référence parmi les masters en ingénierie financière en Europe.
CFM ne recrute toutefois pas uniquement au sein des Grandes Écoles : il a embauché en septembre, Vadim Munirov, ancien quant strat chez Capula, titulaire d’un doctorat de Princeton et d’un master du Moscow Institute of Physics and Technology. Les quants titulaires de doctorats recrutés en 2025 viennent également de l’Université de Durham en Angleterre, ou de l’Université de Bologne en Italie.
Pour ses recrutements technologiques, CFM semble privilégier des profils plus expérimentés. Le mois dernier a vu arriver Sébastien Brasseur au grade de director, responsable de la plateforme de prédiction ; il était ces quatre dernières années ingénieur distingué chez SocGen, après avoir occupé le poste de CTO France pour les données et l’IA chez Microsoft. Thomas Linck, responsable de l’ingénierie des plateformes arrivé en juin, était auparavant VP chez Kayrros, une société française d’intelligence environnementale.
L’un des aspects les plus surprenants de la stratégie de recrutement de CFM est qu’il ne fonctionne pas par pods isolés et semble embaucher très peu de gestionnaires de portefeuille (PM). D’après les données LinkedIn, le fonds a recruté 76 personnes au cours de l’année passée, dont aucune ne se présente comme PM. Peut-être est-ce une spécificité française : chez Qube, seuls 10 % des employés environ seraient PM.
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